
Martine Aubry mobilise les militants
Par Charlotte Chaffanjon
"Cher(e) camarade, le résultat du scrutin du 7 juin a été un échec pour notre parti." Dans une lettre adressée aux militants socialistes
mardi , Martine Aubry revient dès l'attaque sur la raclée du PS aux européennes. Elle le redit : "J'en prends ma
part." "Face à la violence de la crise et de la société, les Français attendent de notre parti qu'il parle de leur vie et de leur avenir. Ils jugent nos réponses insuffisamment fortes. Ils ne
supportent plus les divisions, les petites phrases de dénigrement et le bal des ego. Ceci doit définitivement cesser", martèle-t-elle. Ce rappel fait, la première secrétaire se tourne vers
l'avenir : "C'est la force de notre projet qui nous permettra de renouer avec les Français", assure-t-elle. "C'est le modèle de société dans son entier qui doit être refondé." Comment s'y
prendre ? Le PS entame un travail "sur le nouveau modèle de développement économique, social et durable", qui fera l'objet d'une grande convention début 2010, animée par l'ancien ministre aux
Affaires européennes Pierre Moscovici.
Éducation, personnes âgées, diversité, culture, justice... La maire de Lille énumère par ailleurs "les enjeux" auxquels les socialistes doivent faire face : "l'explosion de la précarité et des
injustices de toutes sortes entre individus et entre territoires, l'économie affaiblie par la concurrence mondialisée et la finance, l'école et l'ascenseur social en panne, les chocs
écologiques, les déséquilibres du monde", résume-t-elle...
Des "enjeux" considérables, donc, que le PS ne pourra saisir à bras-le-corps sans régler la question du leadership. La maire de Lille le sait, qui confirme que se tiendra la convention sur la
rénovation, animée par Arnaud Montebourg, à l'été 2010. Entendre une "réflexion sur les modalités des primaires pour le choix du candidat à l'élection présidentielle". Aubry pose dans sa
missive les questions qui divisent les socialistes : "Faut-il des primaires ouvertes aux sympathisants du PS ? Faut-il des primaires communes à l'ensemble de la gauche ?" Certains, à l'image de
Manuel Valls et Pierre Moscovici, n'ont pas attendu la réponse pour se porter candidats.
lepoint.fr
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