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Démocratie ?
Le terme "démocratie" désigne un corpus de principes philosophiques et politiques suivant lequel un groupe social donné organise son fonctionnement par des règles élaborées, décidées, mises en
application et surveillées par l'ensemble des membres de ce groupe, a priori sans exclusive.
Il s'oppose historiquement aux systèmes monarchies ou oligarchiques où le pouvoir est détenu et transmis au sein d'un petit groupe. Dans son sens originel (dans la cité-État d'Athènes du
Ve siècle av. J.-C.), la démocratie (du grec
ancien dèmokratia, « souveraineté du peuple », de dèmos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ») est le gouvernement de tous (de l'ensemble
du peuple).
On résume souvent ce corpus à la formule de Périclès : "le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple" mais son contenu concret
a beaucoup évolué au cours de l'Histoire et est - aujourd'hui encore - l'objet de vifs débats, à tel point qu'il n'existe pas de définition communément admise de ce
qu'est ou doit être la démocratie.
Périclès
(v. 495-429 av. J.-C.), homme politique athénien, dont l’importance dans l’histoire d’Athènes a été jugée si primordiale .
Depuis Montesquieu, cependant, les régimes politiques sont distingués grâce à la séparation des pouvoirs, en se basant sur les gouvernés (est-ce que le régime politique peut assurer la liberté
des sujets ?).
Avec les évolutions des classifications politiques, la démocratie est devenue dès lors un système politique (et non plus un simple régime), c'est-à-dire une organisation sociale où le peuple ou un organe élu par lui, détient la souveraineté.
Par extension, le terme "démocratie" qualifie souvent tout pays qui est reconnu comme appliquant des principes démocratiques dans son
fonctionnement.
Principe
Les règles ou les principes qui régissent les modes de consultation des populations sont les éléments clef qui caractérisent toute démocratie. « La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » (Périclès, repris par Abraham Lincoln). Cette définition a deux conséquences directes :
Souvent utilisé pour décrire la forme de gouvernement d'un pays, le terme de démocratie peut qualifier le fonctionnement de tout corps ou organisation sociale : société humaine, organisme public ou privé, associations, entreprise, famille, etc. Dans chaque cas, la notion de peuple doit être comprise comme l'ensemble des membres de l'organisation sociale.
Dans une démocratie l'ensemble des citoyens (terme souvent traité avec une coupable ambiguïté, cf. Critique de la démocratie) détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe « un Homme, une voix » ; ce principe peut d'ailleurs être considéré comme le fondement théorique principal de la démocratie, notamment par ses non-dits (si le mot "homme" est aujourd'hui compris en son sens général incluant les femmes ce n'était pas le cas à l'origine, l'âge minimum requis reste passé sous silence, quant à savoir si ceux -- étrangers notamment -- qui n'ont pas voix au chapitre sont considérés comme des hommes...). Il est fréquent qu'on oppose ce principe à celui du système économique, traduit sous la forme « 1 unité monétaire = 1 voix », mais cette opposition est discutable en raison des différences de fonctionnement (l'utilisateur d'une voix la conserve qu'il obtienne satisfaction ou pas, au contraire de l'utilisateur d'argent qui doit le céder pour obtenir un bien) et inversement des similitudes (décision négociée entre intéressés plutôt qu'imposée par le prince ; lien historique entre l'argent, la classe "moyenne" ou "bourgeoise", et la démocratie).
Il n'existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qu'est une démocratie ou ce qu'elle n'est
pas.
Les pays du bloc de l'Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires.
La Chine se dit démocratique.
Les régimes européens, qui pratiquaient la colonisation, se considéraient comme des démocraties, de même que les États-Unis qui pratiquaient l'esclavage puis la ségrégation.
Et tous les pays possèdent des organes (comme les services secrets, voire des "officines" sans existence légale) dont le fonctionnement échappe à tout contrôle
parlementaire.
Faute d'une homologation officielle établie par un organisme indépendant (par exemple l'ONU) et fiable, on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays
« est » une démocratie ou non. On pourrait toutefois s'accorder pour considérer qu'une "véritable" démocratie respecte les critères suivants :
Outre ces éléments, d'autres critères analogues sont couramment associés à la notion de démocratie : multipartisme, respect, égalité devant la loi, droit de propriété, liberté de culte, refus de la corruption des fonctionnaires et des élus, atténuation des écarts de richesse par l'impôt (souvent nommé droits civils).
Ces principes reconnus comme nécessaires dans la culture occidentale contemporaine, sont considérés
Dans cette querelle, des éléments de culture non occidentale mais reprenant les mêmes principes prennent une importance particulière, ainsi par exemple que la déclaration universelle qui a fait consensus à l'ONU.
La démocratie est une ligne d'horizon politique, un idéal (au sens strict du terme) vers lequel tendent des méthodes de gouvernement. Dans les faits, aucun système politique n'est complètement démocratique car un tel type de gouvernement supposerait une information totale et transparente, un niveau d'éducation et/ou d'instruction homogène dans la population citoyenne, l'empêchement constitutionnel de tout abus de pouvoir voire de tout risque de concentration des pouvoirs...
On constate cependant que toute démocratie se forme autour de 3 principes :
Ainsi un état qui possède un parlement effectif et un gouvernement qui applique les décisions avec mesure est une démocratie.
██ Gouvernement se déclarant démocratique et permettant l'existence de groupes d'opposition, du moins en théorie.
██ Gouvernements se déclarant démocratique mais ne permettant pas l'existence de groupes d'opposition.
██ Gouvernements ne se revendiquant aucunement en tant que démocratie.
Dans un rapport qui fait autorité en la matière, Guerre et paix au XXIe siècle, le Human Security Center] a, en 2005, opéré une classification neutre entre les régimes (dans le but de démontrer le rapport entre sécurité humaine et démocratie, entre autres). Ils déterminent trois catégories de régimes :
Pour définir les démocraties, comme tous les régimes ont des critères différents (afin, la plupart du temps, de se revendiquer en tant que démocratie), ils retiennent un faisceau d'indices établissant un "polity score", qui traduit la qualité des institutions et des processus politiques. Ce sont en particulier :
Selon ces calculs, en 2005, il y avait 88 démocraties dans le monde (les pays inférieurs à un demi million d'habitants n'étant pas comptabilisés), sachant que l'ONU reconnaît 195 États aujourd'hui. Cela est un net progrès vis-à-vis de 1946, où il n'y en avait que 20. Ce progrès est dû notamment à la fin de la Guerre froide (démocratisation des pays de l'Europe de l'Est) et à la démocratisation du continent sud-américain depuis la fin des années 1980.
Il y a certainement autant de formes de démocratie que d'organisations sociales qui se veulent être démocratiques. L'idée même de "démocratie" est peut-être dans ce polymorphisme.
La démocratie états-étasunienne, souvent taxée de "dictature de la majorité", est aussi la possibilité pour un simple citoyen d'affronter l'État en justice. Le cinéma a rendu célèbre Monsieur Smith (joué par James Steward dans Mr. Smith au Sénat ou en version originale "Mr. Smith Goes to Washington") plaider au Sénat.
"L'imperfection pousse au progrès", disait Flaminio Bertoni. La Constitution des États Unis est faite d'une suite de perfectionnements dans des procès en justice par des citoyens ou groupes de citoyens contre le gouvernement. Tel est le "Cas Korematsu" pour l'injustice envers une catégorie de citoyens.
Ce régime implique :
Ces deux principes ne peuvent en aucun cas s'exclure l'un l'autre, il faut qu'ils soient tous deux présents. Mais les démocraties peuvent mettre l'accent plus sur l'un ou sur l'autre.
Par exemple, pendant la Guerre froide,
Chacun des deux blocs déniait à l'autre le caractère de démocratie. Ainsi, pour les États-Unis, l'URSS ne respectait aucune des libertés les plus fondamentales (presse, opinion, religion...) et pour l'URSS, les États-Unis n'instauraient aucune égalité entre ses citoyens (apartheid jusque dans les années 1960 ; mouvements féministes dans le même temps également).
Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu, il n'est que peu souvent appliqué, car son usage serait pour certains
L'égalité peut aussi se mesurer à l'importance que l'objet de la décision politique a réellement pour les votants.
Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la solution généralement employée est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation de l'échelon pertinent :
Pour les sujets sensibles, (tout récemment en France : OGM, mariage homosexuel, CPE, implantation d'une usine d'incinération, d'un aéroport, etc.), il y a souvent des conflits de compétence, chacun souhaitant protéger ses intérêts personnels avant ceux des autres. Ces problèmes prennent du temps à être résolus, et subissent parfois des rapports de forces et d'inégalité de la part d'un parti ne tenant pas à respecter le choix des autres.
Plus grave, même si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et finalement une décision est prise, et la minorité doit subir le choix de la majorité, au mépris du principe affiché. Mais c'est également le cas pour les autres systèmes politiques existants et la solution est de tolérer la décision des autres face à la sienne.
Est-il possible d'assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s'engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l'importance qu'il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu'il n'impose pas à l'autre sa décision, mais qu'il négocie avec lui, en lui accordant une compensation : c'est le modèle hollandais dit modèle des polders.
La démocratie est un système qui demande à chacun d'être ouvert et de discuter de ses arguments avec ses opposants pour conclure sur une solution équitable pour les deux "camps".
Le système démocratique implique aussi deux devoirs :
Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : 
« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d'un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d'apparence peu démocratique.
Une démocratie comme la démocratie athénienne avait une notion restreinte de la citoyenneté, excluant les voix des femmes et des esclaves.
La Démocratie est une conception essentiellement occidentale de l'idéal politique.
Elle n'est pas universellement considérée comme une utopie souhaitable. Parmi les critiques qui lui sont adressées, on peut citer :
source wikipédia
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Du 12/07/2007 au 30/06/2008
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