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Réactions politiques et syndicales de l'interview de N.SARKOZY

Eric Feferberg AFP ¦ Nicolas Sarkozy lors de son interview télévisée, le 24 avril 2008.
Le monde politique commence à réagir aux déclarations de Nicolas Sarkozy, qui
s’exprimait jeudi soir à la télévision, près d’un an après son élection à la tête de l’Etat.
Ségolène Royal (PS), président de Poitou-Charentes
Le Premier ministre avait dit qu'il attendait «de cette émission une feuille de route (...) Je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute», qui cumule «les aberrations»,
a-t-elle déclaré sur France Inter. «On est plus inquiets après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel», a
ajouté l'ancienne candidate à la présidentielle.
Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris
«Dans sa tentative de justification d’une politique aussi illisible qu’inefficace aux yeux de nombreux Français, Nicolas Sarkozy a surtout recyclé mécaniquement son argumentaire de la dernière
campagne présidentielle. Son propos, souvent confus et imprécis, n’a ouvert aucune perspective crédible pour répondre aux enjeux de la croissance et du pouvoir
d’achat.»
Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale
«Nicolas Sarkozy s'est montré convaincant, pédagogue, déterminé à remplir le mandat pour la réforme confié par les Français. Il a su
réaffirmer la cohérence, la justesse et les priorités de l'action gouvernementale. Les réformes (...) doivent être poursuivies dans un esprit de dialogue et de concertation.»
Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière
«Au-delà de l'autosatisfaction qu'il a affichée (...) Sarkozy s'est livré jeudi soir à un numéro d'équilibriste, dénonçant un capitalisme financier (...) tout en déclarant que le capitalisme est
le meilleur système possible. A aucun moment il n'a envisagé de demander le moindre effort financier aux plus riches. Et ce n'est pas étonnant de la part de l'ami de Bolloré, de Lagardère, de
Pinault et de toutes les grandes fortunes.»
LCR
«Ce soir en direct de la Sarkozie, on a eu droit au spectacle affligeant d’un président complètement sur la défensive, justifiant sa politique par la situation internationale.» «En s’opposant à
toutes les revendications en cours - emploi, éducation, santé, salaires, sans-papiers- il est apparu pour ce qu’il est : le président de fait du Medef et des réformes réactionnaires», déclare la
formation politique dans un communiqué.
FO
Nicolas Sarkozy n'a «pas apporté la cohérence et la visibilité qui sont aujourd'hui indispensables. Le syndicat a déploré dans un communiqué l'absence «d'orientation économique différente» et la
«justification des mesures déjà prises».
Alix Nicolet, présidente de la Fidl, syndicat lycéen
«On ne se mobilise pas pour avoir plus d'enseignants, ce n'est pas du tout cela, mais pour avoir plus d'encadrement dans les établissements en difficulté», a-t-elle répondu à Nicolas Sarkozy. Et
d’ajouter: «L'échec scolaire coûte plus cher que la réussite scolaire.»
Nicolas Dupont-Aignan, député souverainiste
«Nicolas Sarkozy s'est auto-justifié en faisant mine de croire qu'il ne s'agit que d'un problème de communication. Ce n'est pas cette récitation en boucle des slogans de sa campagne
présidentielle qui rassurera les Français.»
Jean-Paul Huchon, président PS de l'Ile-de-France
Nicolas Sarkozy «n'a reconnu que des erreurs de com. Il persiste et signe, droit dans ses bottes. Au fond, rien de nouveau: c'est un aveu d'échec et on comprend que les Français n'y croient
pas.»
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT
Nicolas Sarkozy s'est «livré à un exercice de justification peu convaincant, avec des approximations sur des sujets importants». Le président de la République «a reconnu avoir fait des erreurs,
mais en fait, il ne change rien, en particulier sur le pouvoir d'achat», a déclaré François Chérèque à l'AFP. Sur les retraites, selon le leader syndical, Nicolas Sarkozy «ne connaît pas la loi»
car il «a oublié un élément important: dans la loi il est marqué que le gouvernement pouvait ajuster le passage à 41 ans s'il n'y avait pas une évolution du taux d'activité des personnes de plus
de 50 ans». «Sur les sans-papiers, par deux fois il a confondu devenir Français et avoir l'autorisation de venir travailler en France, alors que les sans-papiers demandent tout simplement
l'autorisation de venir travailler légalement», a-t-il également relevé.
Marielle de Sarnez, n°2 du MoDem «On nous disait qu'il y avait beaucoup à attendre de cette intervention. Au final, rien de nouveau et une
prestation plutôt décevante. Nicolas Sarkozy n'a donné ni perspective, ni feuille de route. Pas de quoi regagner la confiance perdue des Français. Plusieurs fois, il a dit reconnaître des
erreurs, mais on était plutôt dans l'exercice de style, pas forcément très sincère», a-t-elle déclaré à «20 Minutes»
Lire la suite : Sarkozy: Ce qu’il faut retenir de son intervention télévisée
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