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Lundi 1 décembre 2008

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Les trafics qui détruisent la planète

Contrebande d’ivoire ou de corne de rhinocéros, viande de brousse, de requin ou de baleine, trafic de déchets, pollutions, déforestations : pour leur fortune, certains sont prêts à tous les trafics quitte à détruire la planète. Enquête en images sur les milliards d’un business pas très légal.

Plus d'1 million dollars pour des défenses d'éléphants

La contrebande d’ivoire

Récemment, une vente aux enchères internationale de défenses d’éléphant a écoulé 7,2 tonnes d'ivoire pour 1,18 million de dollars. Un business florissant qui a un coût: depuis 40 ans, les populations sauvages d'éléphants d'Afrique, la principale source d'ivoire, ont diminué d'environ 75%. Pour réduire les actes de contrebande, la Convention des Nations Unies sur le commerce international des espèces menacées (CITES) a proposé de rouvrir le commerce international de l’ivoire à hauteur de 60 tonnes par an.

Des animaux exotiques… de compagnie

Des animaux exotiques… de compagnie

Les chiffres donnent le vertige: chaque année se vendent dans le monde 50.000 singes, 5 millions d’oiseaux vivants, 10 millions de reptiles, 15 millions de mammifères et 350 millions de poissons tropicaux. A l'échelle mondiale, ce trafic brasse des milliards d’euros par an, un oiseau tropical pouvant se vendre jusqu’à 13.000 euros ! Très tendance auprès des particuliers, les NAC, les nouveaux animaux de compagnie, font fureur auprès des touristes qui n’hésitent pas à récupérer les espèces sauvages sur leurs lieux de vacances. Très règlementé, le commerce des NAC touche principalement l’Amérique du Sud où près de 50 millions d’animaux sont soustraits de leur habitat naturel chaque année.

Le trafic de viande de baleine

Le trafic de viande de baleine

Comme le thon rouge, la chair de baleine se vend bien: près de 200 euros le kilo ! Un commerce juteux que le Japon continue de pratiquer malgré un moratoire international adopté en 1986. Récemment, Greenpeace a dénoncé un important trafic organisé de viande de baleine mené par un navire amiral de la flotte japonaise ! D’après l’ONG, le trafic s’élève à environ 45.000 kilos de viande par an et par bateau de pêche.

L’essor des industries papetières

L’essor des industries papetières

Si les forêts d'Amérique du Sud ou d'Afrique attirent tous les regards, les forêts anciennes de Tasmanie sont elles-aussi victimes du business du papier. Même si cette industrie utilise avant tout des sciures de bois, un rapport de Rainforest Action Network de 2007 a pointé la responsabilité des industries nippones dans la destruction des forêts de Tasmanie. Trois sociétés japonaises se partagent ce commerce florissant qui détruit près de 15 hectares de forêts tous les ans. A l’heure actuelle, 90% des eucalyptus géants de l’île ont été abattus et il ne reste qu’un quart de la surface boisée encore intacte.

Des forêts transformées en champs

Des forêts transformées en champs

La forêt amazonienne ne cesse de reculer. Entre août 2007 et août 2008, 8.147 kilomètres carrés ont été détruits, soit deux fois plus que la période précédente. En trente ans, l’Amazonie a ainsi perdu 200 millions d’hectares sur un total d’un milliard ! Les plantations de palmiers à huile ou le développement des cultures pour l’élevage industriel sont responsables d’une bonne part de la déforestation. Au Brésil, en Bolivie ou au Paraguay, on défriche pour faire place à la production de soja. Un produit destiné à l’alimentation du bétail et à l’éthanol utilisé pour les voitures.

Les tigres menacés d’extinction

Les tigres menacés d’extinction

Les tigres de Sumatra (Indonésie) sont la sous-espèce de tigres la plus menacée au monde. Dents, griffes, peaux, moustaches: de nombreuses parties de leurs corps sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Pas moins d'une cinquantaine de tigres seraient ainsi tués chaque année. Environ mille dans les années 1970, ils seraient désormais moins de 500 individus.

Mafia et déchets toxiques dans l'Union européenne

Le trafic de déchets toxiques

Chaque année, l'Union européenne produit 1,5 milliard de tonnes de déchets (soit 2% de plus chaque année), dont 300 millions de tonnes doivent être recyclés ou détruits. Or le coût de traitement est élevé, de 400 euros la tonne pour de l'amiante à près de 2.000 pour certains liquides. Les producteurs, qui refusent d'assumer ces coûts, se débarrassent de leurs produits toxiques en se tournant vers les écomafias et l'exportation vers le tiers-monde des matières toxiques.

Les poissons empoisonnés du Lac Victoria

Les poissons empoisonnés du Lac Victoria

Sur les marchés occidentaux, la perche du Nil est particulièrement adaptée aux exigences de la grande distribution: larges filets sans arêtes, viande blanche et facile à cuire. Au cours de la dernière décennie, de nombreuses usines de conditionnement du poisson ont donc vu le jour le long du lac Victoria où a été volontairement introduite la perche, qui a détruit la plupart des autres espèces de poissons. Partagé entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, le lac Victoria produit chaque année 45.000 tonnes de perches avec un filet revendu environ 7 euros le kilo en Europe. Une catastrophe écologique qui s’est doublée d’un drame humain et social, largement dénoncé par le documentaire "Le cauchemar de Darwin".

L’appât de la corne de rhinocéros

L’appât de la corne de rhinocéros

Vendue jusqu’à 2.000 euros pièce, la corne du rhinocéros est extrêmement convoitée. La médecine chinoise traditionnelle lui prête des vertus pour accroître la puissance sexuelle, tandis qu’au Yémen, un poignard à manche en corne de rhinocéros est un symbole traditionnel de virilité. C’est pourquoi le rhinocéros noir (qui possède une double corne) risque de disparaître si la chasse illégale n’est pas rapidement stoppée: en seulement 15 ans, la moitié de l’espèce a été exterminée et il ne reste que 300 spécimens.

Le commerce d’ailerons de requins

Le commerce d’ailerons de requins

En avril, avec son film "Les seigneurs de la mer", le réalisateur Rob Stewart a voulu sensibiliser le monde entier à une situation préoccupante: en dix ans, 90 % des requins ont été exterminés, soit 100 millions d’individus par an. La principale cause: ces bêtes sont tuées pour leurs ailerons, qui seraient un excellent Viagra naturel. Achetés 0,80 euro le kilo, revendus 200 euros, entre 26 et 73 millions d'ailerons sont écoulés chaque année et finissent en soupe, notamment en Asie du Sud-Est.

Des tonnes de produits chimiques déversés

Des tonnes de produits chimiques déversés

À la fin des années 1960, près de cent ans d'industrialisation effrénée ont gravement pollué les Grands Lacs, situés entre le Canada et les Etats-Unis. Malgré les promesses du gouvernement canadien d’enrayer un tel massacre, une étude a révélé qu’entre 1998 et 2002, les usines ont encore déversé un milliard de kilos de produits chimiques toxiques par an (métaux lourds comme le mercure, le plomb ou le cadmium, produits synthétiques fabriqués industriellement, insecticides, etc.) Le lac Erié a été déclaré biologiquement mort dans les années 1980.

Une viande de brousse très appréciée

Une viande de brousse très appréciée

La "viande de brousse" est le nom donné à la viande d'animaux sauvages recherchée par de nombreux amateurs sur le continent africain. On trouve à la carte de certains restaurants du singe (gorille, chimpanzé…) mais aussi de la chauve-souris, de l'antilope, de l'éléphant, du serpent, etc. Le commerce illicite de viande de brousse est ainsi évalué à un million de tonnes par an ! Les ravages causés par les guerres civiles, lorsque les miliciens se nourrissent d’espèces protégées, ont également eu de sérieuses conséquences sur les effectifs des parcs nationaux. Au Rwanda par exemple, la population de gorilles de montagnes (quelques centaines d’individus) a beaucoup souffert des troubles intérieurs des années 90.

Une ruée vers l’or menaçante

Une ruée vers l’or menaçante

Vendu en moyenne 15 euros le gramme, l’or attire des milliers d’orpailleurs à la frontière de la Guyane française, du Brésil et du Surinam. Un trafic clandestin qui a des conséquences catastrophiques sur l’environnement. Pour un kilo d’or récolté, il faut 1,3 kilo de mercure afin d’amalgamer le métal précieux. Résultat: chaque année, ce sont environ 120 tonnes de mercure qui se retrouvent dans le sol et les cours d’eaux de la région.

Le désastre des sables pétrolifères

Le désastre des sables pétrolifères

Longtemps négligés à cause du coût faramineux de leur exploitation, les sables bitumineux du bassin de la rivière Athabasca, au Canada, sont devenus rentables avec la flambée des prix du pétrole. Il faut dire que les réserves estimées sont énormes: 180 milliards de barils (quand l’Arabie Saoudite culmine à 260 milliards !) Mais l’exploitation de ces sables représente une vraie menace pour l’environnement. Pour accéder à l’or noir, il faut d'abord raser des forêts entières, ouvrir des mines, isoler le bitume du sable et de l'eau, l'enrichir et enfin le raffiner, le tout avec l’aide de produits toxiques particulièrement polluants ! Résultat: la production nécessite trois fois plus d'énergie que du pétrole classique et produit, du coup, trois fois plus de gaz à effet de serre…

L’exploitation de bois précieux

L’exploitation de bois précieux
Chaque année, plusieurs milliers d’hectares de forêts du Cameroun sont arrachés pour le commerce de bois précieux, comme l’ébène, utilisé dans l’ameublement. Illégalement coupé, ce bois est ensuite importé en France. Une association, Les Amis de la Terre, a dénoncé ces réseaux de corruption: pour quelques dizaines de milliers de francs CFA (plusieurs dizaines d'euros), des hommes sont prêts à abattre et débiter l'arbre aux dimensions fixées par le commanditaire. Selon WWF, dans l’Hexagone, 70% du bois tropical présent dans les grandes enseignes seraient ainsi d’origine illégale ! Et ce trafic est en plein boom: l’accélération de la demande asiatique a fait monter les prix de 20% en quelques années…
Par Aliciabx - Publié dans : Ecologie - Communauté : Femmes Engagées
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 Du 12/07/2007 au 30/04/2009 
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